Le client est-il toujours roi ? Respect et relations commerciales
Le client est-il toujours roi ? Respect et relations commerciales
Le client est-il toujours roi ?
Le respect dans les relations commerciales : du droit de choisir
son prestataire au devoir de respecter son interlocuteur
Il y a des échanges commerciaux qui se terminent par un devis accepté,
d'autres par un refus, et certains qui se terminent par une réflexion
que l'on n'avait pas nécessairement prévue.
Récemment, une discussion avec un client m'a amené à m'interroger
sur la place du respect dans les relations commerciales. Non pas sur
la nécessité de satisfaire un client, qui est au cœur de toute activité
professionnelle, mais sur cette frontière parfois oubliée entre
l'expression légitime d'un désaccord et le mépris de celui qui se trouve
en face.
Car une question mérite d'être posée :
le fait de payer une prestation donne-t-il le droit de mépriser
celui qui la réalise ?
Le client est libre. Le professionnel aussi.
Commençons par une évidence : un client est parfaitement libre de
choisir son prestataire.
Il peut solliciter plusieurs devis, comparer les prix, négocier,
trouver une proposition trop chère ou estimer qu'elle ne correspond
pas à ses attentes. Il peut aussi décider de ne pas donner suite.
C'est son droit le plus absolu, et aucun professionnel ne devrait
le lui reprocher.
Mais cette liberté est réciproque.
Un professionnel est lui aussi libre de présenter son savoir-faire,
d'expliquer sa méthode de travail, de justifier ses tarifs et de
définir les limites de sa prestation. Il peut proposer une solution
différente de celle initialement envisagée par son client, notamment
lorsqu'il estime qu'elle répondra mieux à ses attentes.
Il peut même considérer qu'il n'est pas le bon interlocuteur pour
une demande donnée.
Une relation commerciale n'est pas une relation de soumission dans
laquelle l'un commande et l'autre s'exécute sans pouvoir expliquer
son travail.
C'est une relation entre deux parties qui ont chacune leurs intérêts,
leurs contraintes et leurs responsabilités.
Le client apporte un besoin. Le professionnel apporte des compétences
pour y répondre.
Lorsque les deux se rejoignent, une collaboration peut naître.
Dans le cas contraire, chacun doit pouvoir poursuivre son chemin
sans que cela devienne une affaire personnelle.
Tous les professionnels ne vendent pas la même chose
Dans mon métier, cette question prend une dimension particulière.
Je dirige un atelier spécialisé dans l'impression d'art. Nous
travaillons avec des encres pigmentaires et des papiers sélectionnés
pour leurs qualités, leur rendu et leur adéquation avec les œuvres
que nous reproduisons.
Notre approche n'est pas celle d'un imprimeur traditionnel produisant
des documents en grande série au meilleur coût. Notre métier consiste
à répondre à des exigences différentes, avec une attention particulière
portée à la qualité du résultat.
Prenons un exemple simple : imprimer plusieurs centaines d'affiches
anciennes au format A1.
Selon le projet, le budget et le résultat recherché, plusieurs solutions
peuvent être envisagées. Une impression économique sur un support adapté
à une diffusion en nombre peut parfaitement répondre au besoin.
Un tirage pigmentaire sur un papier d'art peut, quant à lui, être
préférable lorsqu'on recherche un rendu particulier, une qualité de
reproduction exigeante ou une démarche plus proche de l'impression
artistique.
Ces deux approches ne sont pas nécessairement concurrentes.
Elles répondent simplement à des objectifs différents.
Proposer la seconde solution ne signifie pas prétendre qu'elle est
toujours meilleure. Cela signifie qu'elle possède ses propres
caractéristiques, ses propres contraintes et sa propre valeur.
C'est précisément le rôle d'un professionnel que de présenter
ces différences afin que son client puisse décider en connaissance
de cause.
Mais encore faut-il accepter d'écouter ce qu'il a à expliquer.
Ne pas avoir besoin d'une prestation ne signifie pas qu'elle est
inutile. La trouver trop chère ne signifie pas qu'elle est sans
valeur. Et ne pas comprendre un métier ne signifie pas que ceux
qui l'exercent n'ont rien à nous apprendre.
Quand expliquer son métier devient du « blabla »
C'est parfois là que les choses se compliquent.
Un professionnel prend le temps de détailler son approche, de préciser
les différences entre plusieurs techniques ou d'expliquer pourquoi sa
proposition ne correspond pas exactement à ce que son interlocuteur
imaginait.
Il cherche à informer, à conseiller et, éventuellement, à éviter
une mauvaise surprise.
Pourtant, ses explications peuvent être accueillies comme des
justifications inutiles, voire comme du « blabla ».
Bien sûr, les professionnels ne sont pas exempts de reproches.
Certains compliquent inutilement leurs explications, utilisent un
jargon incompréhensible ou cherchent à vendre une prestation dont
le client n'a pas besoin. Il est parfaitement légitime de leur
demander des réponses claires et concrètes.
Mais il existe une différence fondamentale entre demander des
explications et mépriser celles que l'on reçoit.
Dans un échange commercial, chacun devrait pouvoir poser ses questions,
exprimer ses réserves et confronter ses arguments. C'est même ainsi
que se construit une relation de confiance.
En revanche, considérer d'emblée que les explications d'un professionnel
ne sont que des paroles creuses, sans même chercher à comprendre ce
qu'elles recouvrent, revient à nier la valeur potentielle de son
expertise avant même de l'avoir examinée.
Un photographe n'est pas simplement quelqu'un qui appuie sur un
déclencheur. Un artisan ne fait pas uniquement un geste technique.
Un graphiste ne se contente pas de déplacer des éléments sur un écran.
Et un imprimeur d'art ne se résume pas à une personne qui appuie sur
un bouton pour lancer une impression.
Derrière un résultat, il y a des connaissances, des choix, des essais,
des investissements et, bien souvent, des années d'expérience.
Le résultat final peut sembler simple. C'est parfois justement parce
que le professionnel maîtrise son métier qu'il parvient à rendre
les choses simples.
Une erreur ne justifie pas le mépris
Il serait facile de défendre les professionnels en affirmant qu'ils
ont toujours raison. Ce serait aussi absurde que de prétendre que
le client a toujours raison.
Dans toute activité, il y a des erreurs, des incompréhensions et
des attentes qui ne sont pas correctement formulées. Un devis peut
comporter une erreur. Une prestation peut ne pas répondre entièrement
à la demande. Un professionnel peut mal expliquer une solution ou
passer à côté d'un besoin.
Lorsqu'une erreur est commise, elle doit être reconnue et corrigée.
Le client est légitime à la signaler, à demander une explication et
à attendre que le professionnel assume ses responsabilités.
Mais une erreur reste une erreur. Elle ne devient pas une autorisation
de rabaisser son interlocuteur.
Il est possible de dire qu'un devis comporte une dimension incorrecte
sans remettre en cause les compétences de celui qui l'a établi.
Il est possible de contester un prix sans dénigrer le travail réalisé.
Il est possible de refuser une proposition sans chercher à humilier
celui qui l'a formulée.
La fermeté n'exige pas l'agressivité. La franchise n'exige pas la
brutalité. Et la défense de ses intérêts n'impose pas de porter
atteinte à la considération due à autrui.
On peut être exigeant sans être méprisant. On peut être en
désaccord sans être insultant. On peut avoir raison sur un point
sans avoir raison sur tout le reste.
Cette distinction devrait être une évidence. Elle ne l'est
malheureusement pas toujours.
Le prix d'une prestation ne rémunère pas seulement un geste
Une autre confusion mérite d'être évoquée : celle qui consiste à ne
considérer la valeur d'un travail qu'à travers le résultat visible
ou le temps nécessaire à son exécution.
Lorsqu'un client reçoit une impression, il voit une feuille de papier
sur laquelle une image a été reproduite.
Il ne voit pas nécessairement le choix du support, la gestion des
couleurs, les profils utilisés, les contraintes techniques, les essais
réalisés en amont ou les compétences mobilisées pour obtenir le
résultat attendu.
Il en va de même dans de nombreux métiers.
On paie un plombier pour une réparation, mais aussi pour sa capacité
à identifier l'origine d'une fuite. On rémunère un photographe pour
ses images, mais également pour son regard, sa maîtrise technique
et son expérience. On sollicite un consultant pour ses recommandations,
mais surtout pour les connaissances qui lui permettent de les formuler.
Le prix d'une prestation ne correspond donc pas uniquement au temps
passé à la réaliser. Il reflète aussi, selon les métiers et les
situations, un savoir-faire, des moyens techniques, des investissements,
des responsabilités et une expérience.
Cela ne signifie pas que tous les tarifs sont justifiés, ni que le
professionnel doit être dispensé de les expliquer. Un prix doit
pouvoir être discuté et mis en perspective avec le service rendu.
Mais comparer deux tarifs n'a de sens que si l'on compare réellement
deux prestations équivalentes.
Le moins cher n'est pas nécessairement une mauvaise solution.
Le plus cher n'est pas nécessairement la meilleure.
Encore faut-il savoir ce que l'on compare.
C'est là que le dialogue entre le client et le prestataire prend
tout son sens.
Le client est-il vraiment roi ?
L'expression est ancienne et reste largement employée dans le commerce.
Elle rappelle, à juste titre, que le client doit être accueilli,
écouté et servi avec attention.
Mais poussée à l'extrême, elle peut laisser croire que le professionnel
devrait tout accepter au motif que son interlocuteur est susceptible
de lui acheter quelque chose.
Or, une activité commerciale ne peut pas reposer uniquement sur
cette logique.
Un professionnel a le droit de défendre son travail, de poser des
limites et de refuser une relation qu'il estime devenue irrespectueuse.
Il a aussi le droit de ne pas chercher à obtenir une commande à
n'importe quel prix.
C'est une réalité que l'on oublie parfois :
un devis n'est pas une demande de faveur adressée au client,
pas plus qu'une commande ne constitue une faveur accordée au
prestataire.
Il s'agit d'une proposition commerciale, librement acceptée ou refusée.
Le client n'est pas tenu de travailler avec un professionnel qui
ne lui convient pas. Mais le professionnel n'est pas non plus tenu
de poursuivre indéfiniment un échange qui ne repose plus sur un
minimum de considération réciproque.
La relation commerciale ne devrait pas être un rapport de force
dans lequel celui qui paie s'estime supérieur à celui qui facture.
Car l'argent permet d'acquérir un bien ou un service.
Il ne confère aucune supériorité humaine.
Le respect n'est pas une option commerciale
Après de nombreuses années passées dans le commerce, j'ai appris
qu'il existe toutes sortes de clients.
Certains sont fidèles, d'autres occasionnels. Certains connaissent
parfaitement leur sujet, d'autres découvrent un univers dont ils
ignorent les contraintes. Certains savent exactement ce qu'ils veulent,
d'autres ont besoin d'être accompagnés pour définir leur besoin.
C'est précisément ce qui rend notre métier intéressant : chaque
demande est différente, chaque projet possède ses particularités
et chaque échange peut être l'occasion d'apprendre quelque chose.
Toutes les relations commerciales ne se transforment pas en
collaborations. Et c'est parfaitement normal.
Il m'est arrivé, comme à beaucoup de professionnels, de ne pas
parvenir à convaincre un interlocuteur, de voir un devis refusé
ou de constater que notre approche ne correspondait pas à ses
attentes. Cela fait partie de la vie d'une entreprise.
En revanche, je reste convaincu qu'une relation commerciale ne
devrait jamais obliger quelqu'un à accepter le mépris pour préserver
une possibilité de vente.
Nous pouvons ne pas partager les mêmes exigences, ne pas avoir les
mêmes moyens ou ne pas accorder la même importance à certains détails.
Nous pouvons même avoir des visions radicalement différentes de
ce que doit être une prestation de qualité.
Mais nous partageons au moins une chose : nous sommes deux personnes
qui échangent.
Et cette réalité devrait suffire à établir une règle élémentaire
de savoir-vivre.
Le respect n'impose pas d'être d'accord. Il n'oblige pas à apprécier
son interlocuteur. Il ne signifie pas qu'il faut renoncer à défendre
ses intérêts ou à exprimer une insatisfaction.
Il consiste simplement à reconnaître que l'autre a, lui aussi,
le droit d'expliquer son travail, de défendre ses choix et d'être
traité avec considération.
Savoir dire non, sans avoir besoin de mépriser
Il y a parfois une certaine sagesse à reconnaître qu'une collaboration
ne se fera pas.
Un client recherche un prix que nous ne pouvons pas proposer.
Un professionnel défend une qualité qui ne correspond pas au budget
disponible. Une demande ne relève pas de nos compétences ou notre
manière de travailler ne répond pas aux attentes de notre interlocuteur.
Dans toutes ces situations, il est possible de se séparer en bons termes.
Un simple « merci pour votre proposition, mais elle ne correspond pas
à mes attentes » suffit souvent à clore un échange.
Il n'est pas nécessaire de dévaloriser le travail d'autrui pour
justifier son propre choix. Il n'est pas nécessaire de chercher
à avoir le dernier mot pour démontrer que l'on maîtrise son sujet.
Et il n'est certainement pas nécessaire d'humilier quelqu'un pour
lui faire comprendre que l'on ne souhaite pas travailler avec lui.
Le professionnalisme ne se mesure pas uniquement à la qualité du
produit livré ou du service rendu. Il se manifeste également dans
la manière dont nous traitons les personnes avec lesquelles nous
travaillons.
Cela vaut pour les clients, les fournisseurs, les collaborateurs
et les prestataires.
Finalement, la question n'est peut-être pas de savoir si le client
est toujours roi.
Elle est plutôt de savoir quel type de relation commerciale nous
souhaitons construire.
Une relation dans laquelle chacun cherche à imposer sa position ?
Ou une relation dans laquelle chacun peut défendre ses intérêts
sans nier la valeur de l'autre ?
Pour ma part, je préfère la seconde.
Parce qu'un devis peut être refusé, un prix contesté et une
collaboration abandonnée.
Mais le respect, lui, ne devrait jamais être soumis à un devis.
Chez Impressions d'Art, nous défendons un savoir-faire autant
qu'une certaine idée du métier
Chez Impressions d'Art, nous ne cherchons pas à être le prestataire
de tout le monde. Nous cherchons à être le bon interlocuteur pour
les projets qui correspondent à notre savoir-faire, à nos exigences
et à notre approche de l'impression.
Depuis de nombreuses années, notre atelier accompagne artistes,
photographes, galeries et institutions dans la réalisation de leurs
tirages. Notre travail repose sur la maîtrise de l'impression
pigmentaire, la connaissance des papiers d'art, l'exigence du rendu
et l'attention portée à chaque projet.
Ce savoir-faire a une valeur. Il est le fruit d'années d'expérience,
d'investissements, de recherches et d'une volonté constante de
proposer des impressions à la hauteur des attentes de nos clients.
Cela ne signifie pas que nos choix sont les seuls possibles, ni que
nos prestations conviennent à tous les budgets. D'autres solutions
existent, d'autres professionnels proposent d'autres approches,
et chacun est libre de choisir celle qui lui correspond.
Notre rôle est de conseiller, d'expliquer, de proposer et de réaliser
un travail conforme à nos engagements. Celui du client est de définir
ses besoins, de poser ses questions et de décider librement de la
suite qu'il souhaite donner à notre proposition.
C'est sur cette base que nous souhaitons construire nos relations
commerciales : avec de la transparence, de l'écoute, des exigences
partagées et une considération réciproque.
Car au-delà du papier, des encres et des techniques d'impression,
il y a toujours des femmes et des hommes qui mettent leurs compétences
au service d'un projet.
Et c'est peut-être là l'essentiel :
la qualité d'une prestation se mesure au résultat obtenu, mais
la qualité d'une relation professionnelle se mesure aussi à
la manière dont chacun considère le travail et la personne
de l'autre.
Chez Impressions d'Art, nous continuerons à défendre notre métier,
notre savoir-faire et notre conception de la qualité. Nous continuerons
également à reconnaître qu'une collaboration réussie commence bien
avant la première impression : elle commence par un échange dans
lequel chacun est disposé à écouter et à respecter l'autre.
Parce qu'un devis peut être refusé, une prestation peut ne pas
convenir et une collaboration peut ne jamais voir le jour.
Mais le respect, lui, ne devrait jamais être une option.
Le client est-il toujours roi ?
Le respect dans les relations commerciales : du droit de choisir son prestataire au devoir de respecter son interlocuteur
Il y a des échanges commerciaux qui se terminent par un devis accepté, d'autres par un refus, et certains qui se terminent par une réflexion que l'on n'avait pas nécessairement prévue.
Récemment, une discussion avec un client m'a amené à m'interroger sur la place du respect dans les relations commerciales. Non pas sur la nécessité de satisfaire un client, qui est au cœur de toute activité professionnelle, mais sur cette frontière parfois oubliée entre l'expression légitime d'un désaccord et le mépris de celui qui se trouve en face.
Car une question mérite d'être posée : le fait de payer une prestation donne-t-il le droit de mépriser celui qui la réalise ?
Le client est libre. Le professionnel aussi.
Commençons par une évidence : un client est parfaitement libre de choisir son prestataire.
Il peut solliciter plusieurs devis, comparer les prix, négocier, trouver une proposition trop chère ou estimer qu'elle ne correspond pas à ses attentes. Il peut aussi décider de ne pas donner suite. C'est son droit le plus absolu, et aucun professionnel ne devrait le lui reprocher.
Mais cette liberté est réciproque.
Un professionnel est lui aussi libre de présenter son savoir-faire, d'expliquer sa méthode de travail, de justifier ses tarifs et de définir les limites de sa prestation. Il peut proposer une solution différente de celle initialement envisagée par son client, notamment lorsqu'il estime qu'elle répondra mieux à ses attentes.
Il peut même considérer qu'il n'est pas le bon interlocuteur pour une demande donnée.
Une relation commerciale n'est pas une relation de soumission dans laquelle l'un commande et l'autre s'exécute sans pouvoir expliquer son travail.
C'est une relation entre deux parties qui ont chacune leurs intérêts, leurs contraintes et leurs responsabilités.
Le client apporte un besoin. Le professionnel apporte des compétences pour y répondre.
Lorsque les deux se rejoignent, une collaboration peut naître. Dans le cas contraire, chacun doit pouvoir poursuivre son chemin sans que cela devienne une affaire personnelle.
Tous les professionnels ne vendent pas la même chose
Dans mon métier, cette question prend une dimension particulière.
Je dirige un atelier spécialisé dans l'impression d'art. Nous travaillons avec des encres pigmentaires et des papiers sélectionnés pour leurs qualités, leur rendu et leur adéquation avec les œuvres que nous reproduisons.
Notre approche n'est pas celle d'un imprimeur traditionnel produisant des documents en grande série au meilleur coût. Notre métier consiste à répondre à des exigences différentes, avec une attention particulière portée à la qualité du résultat.
Prenons un exemple simple : imprimer plusieurs centaines d'affiches anciennes au format A1.
Selon le projet, le budget et le résultat recherché, plusieurs solutions peuvent être envisagées. Une impression économique sur un support adapté à une diffusion en nombre peut parfaitement répondre au besoin. Un tirage pigmentaire sur un papier d'art peut, quant à lui, être préférable lorsqu'on recherche un rendu particulier, une qualité de reproduction exigeante ou une démarche plus proche de l'impression artistique.
Ces deux approches ne sont pas nécessairement concurrentes. Elles répondent simplement à des objectifs différents.
Proposer la seconde solution ne signifie pas prétendre qu'elle est toujours meilleure. Cela signifie qu'elle possède ses propres caractéristiques, ses propres contraintes et sa propre valeur.
C'est précisément le rôle d'un professionnel que de présenter ces différences afin que son client puisse décider en connaissance de cause.
Mais encore faut-il accepter d'écouter ce qu'il a à expliquer.
Ne pas avoir besoin d'une prestation ne signifie pas qu'elle est inutile. La trouver trop chère ne signifie pas qu'elle est sans valeur. Et ne pas comprendre un métier ne signifie pas que ceux qui l'exercent n'ont rien à nous apprendre.
Quand expliquer son métier devient du « blabla »
C'est parfois là que les choses se compliquent.
Un professionnel prend le temps de détailler son approche, de préciser les différences entre plusieurs techniques ou d'expliquer pourquoi sa proposition ne correspond pas exactement à ce que son interlocuteur imaginait.
Il cherche à informer, à conseiller et, éventuellement, à éviter une mauvaise surprise.
Pourtant, ses explications peuvent être accueillies comme des justifications inutiles, voire comme du « blabla ».
Bien sûr, les professionnels ne sont pas exempts de reproches. Certains compliquent inutilement leurs explications, utilisent un jargon incompréhensible ou cherchent à vendre une prestation dont le client n'a pas besoin. Il est parfaitement légitime de leur demander des réponses claires et concrètes.
Mais il existe une différence fondamentale entre demander des explications et mépriser celles que l'on reçoit.
Dans un échange commercial, chacun devrait pouvoir poser ses questions, exprimer ses réserves et confronter ses arguments. C'est même ainsi que se construit une relation de confiance.
En revanche, considérer d'emblée que les explications d'un professionnel ne sont que des paroles creuses, sans même chercher à comprendre ce qu'elles recouvrent, revient à nier la valeur potentielle de son expertise avant même de l'avoir examinée.
Un photographe n'est pas simplement quelqu'un qui appuie sur un déclencheur. Un artisan ne fait pas uniquement un geste technique. Un graphiste ne se contente pas de déplacer des éléments sur un écran. Et un imprimeur d'art ne se résume pas à une personne qui appuie sur un bouton pour lancer une impression.
Derrière un résultat, il y a des connaissances, des choix, des essais, des investissements et, bien souvent, des années d'expérience.
Le résultat final peut sembler simple. C'est parfois justement parce que le professionnel maîtrise son métier qu'il parvient à rendre les choses simples.
Une erreur ne justifie pas le mépris
Il serait facile de défendre les professionnels en affirmant qu'ils ont toujours raison. Ce serait aussi absurde que de prétendre que le client a toujours raison.
Dans toute activité, il y a des erreurs, des incompréhensions et des attentes qui ne sont pas correctement formulées. Un devis peut comporter une erreur. Une prestation peut ne pas répondre entièrement à la demande. Un professionnel peut mal expliquer une solution ou passer à côté d'un besoin.
Lorsqu'une erreur est commise, elle doit être reconnue et corrigée.
Le client est légitime à la signaler, à demander une explication et à attendre que le professionnel assume ses responsabilités.
Mais une erreur reste une erreur. Elle ne devient pas une autorisation de rabaisser son interlocuteur.
Il est possible de dire qu'un devis comporte une dimension incorrecte sans remettre en cause les compétences de celui qui l'a établi. Il est possible de contester un prix sans dénigrer le travail réalisé. Il est possible de refuser une proposition sans chercher à humilier celui qui l'a formulée.
La fermeté n'exige pas l'agressivité. La franchise n'exige pas la brutalité. Et la défense de ses intérêts n'impose pas de porter atteinte à la considération due à autrui.
On peut être exigeant sans être méprisant. On peut être en désaccord sans être insultant. On peut avoir raison sur un point sans avoir raison sur tout le reste.
Cette distinction devrait être une évidence. Elle ne l'est malheureusement pas toujours.
Le prix d'une prestation ne rémunère pas seulement un geste
Une autre confusion mérite d'être évoquée : celle qui consiste à ne considérer la valeur d'un travail qu'à travers le résultat visible ou le temps nécessaire à son exécution.
Lorsqu'un client reçoit une impression, il voit une feuille de papier sur laquelle une image a été reproduite.
Il ne voit pas nécessairement le choix du support, la gestion des couleurs, les profils utilisés, les contraintes techniques, les essais réalisés en amont ou les compétences mobilisées pour obtenir le résultat attendu.
Il en va de même dans de nombreux métiers.
On paie un plombier pour une réparation, mais aussi pour sa capacité à identifier l'origine d'une fuite. On rémunère un photographe pour ses images, mais également pour son regard, sa maîtrise technique et son expérience. On sollicite un consultant pour ses recommandations, mais surtout pour les connaissances qui lui permettent de les formuler.
Le prix d'une prestation ne correspond donc pas uniquement au temps passé à la réaliser. Il reflète aussi, selon les métiers et les situations, un savoir-faire, des moyens techniques, des investissements, des responsabilités et une expérience.
Cela ne signifie pas que tous les tarifs sont justifiés, ni que le professionnel doit être dispensé de les expliquer. Un prix doit pouvoir être discuté et mis en perspective avec le service rendu.
Mais comparer deux tarifs n'a de sens que si l'on compare réellement deux prestations équivalentes.
Le moins cher n'est pas nécessairement une mauvaise solution. Le plus cher n'est pas nécessairement la meilleure. Encore faut-il savoir ce que l'on compare.
C'est là que le dialogue entre le client et le prestataire prend tout son sens.
Le client est-il vraiment roi ?
L'expression est ancienne et reste largement employée dans le commerce. Elle rappelle, à juste titre, que le client doit être accueilli, écouté et servi avec attention.
Mais poussée à l'extrême, elle peut laisser croire que le professionnel devrait tout accepter au motif que son interlocuteur est susceptible de lui acheter quelque chose.
Or, une activité commerciale ne peut pas reposer uniquement sur cette logique.
Un professionnel a le droit de défendre son travail, de poser des limites et de refuser une relation qu'il estime devenue irrespectueuse. Il a aussi le droit de ne pas chercher à obtenir une commande à n'importe quel prix.
C'est une réalité que l'on oublie parfois : un devis n'est pas une demande de faveur adressée au client, pas plus qu'une commande ne constitue une faveur accordée au prestataire.
Il s'agit d'une proposition commerciale, librement acceptée ou refusée.
Le client n'est pas tenu de travailler avec un professionnel qui ne lui convient pas. Mais le professionnel n'est pas non plus tenu de poursuivre indéfiniment un échange qui ne repose plus sur un minimum de considération réciproque.
La relation commerciale ne devrait pas être un rapport de force dans lequel celui qui paie s'estime supérieur à celui qui facture.
Car l'argent permet d'acquérir un bien ou un service. Il ne confère aucune supériorité humaine.
Le respect n'est pas une option commerciale
Après de nombreuses années passées dans le commerce, j'ai appris qu'il existe toutes sortes de clients.
Certains sont fidèles, d'autres occasionnels. Certains connaissent parfaitement leur sujet, d'autres découvrent un univers dont ils ignorent les contraintes. Certains savent exactement ce qu'ils veulent, d'autres ont besoin d'être accompagnés pour définir leur besoin.
C'est précisément ce qui rend notre métier intéressant : chaque demande est différente, chaque projet possède ses particularités et chaque échange peut être l'occasion d'apprendre quelque chose.
Toutes les relations commerciales ne se transforment pas en collaborations. Et c'est parfaitement normal.
Il m'est arrivé, comme à beaucoup de professionnels, de ne pas parvenir à convaincre un interlocuteur, de voir un devis refusé ou de constater que notre approche ne correspondait pas à ses attentes. Cela fait partie de la vie d'une entreprise.
En revanche, je reste convaincu qu'une relation commerciale ne devrait jamais obliger quelqu'un à accepter le mépris pour préserver une possibilité de vente.
Nous pouvons ne pas partager les mêmes exigences, ne pas avoir les mêmes moyens ou ne pas accorder la même importance à certains détails. Nous pouvons même avoir des visions radicalement différentes de ce que doit être une prestation de qualité.
Mais nous partageons au moins une chose : nous sommes deux personnes qui échangent.
Et cette réalité devrait suffire à établir une règle élémentaire de savoir-vivre.
Le respect n'impose pas d'être d'accord. Il n'oblige pas à apprécier son interlocuteur. Il ne signifie pas qu'il faut renoncer à défendre ses intérêts ou à exprimer une insatisfaction.
Il consiste simplement à reconnaître que l'autre a, lui aussi, le droit d'expliquer son travail, de défendre ses choix et d'être traité avec considération.
Savoir dire non, sans avoir besoin de mépriser
Il y a parfois une certaine sagesse à reconnaître qu'une collaboration ne se fera pas.
Un client recherche un prix que nous ne pouvons pas proposer. Un professionnel défend une qualité qui ne correspond pas au budget disponible. Une demande ne relève pas de nos compétences ou notre manière de travailler ne répond pas aux attentes de notre interlocuteur.
Dans toutes ces situations, il est possible de se séparer en bons termes.
Un simple « merci pour votre proposition, mais elle ne correspond pas à mes attentes » suffit souvent à clore un échange.
Il n'est pas nécessaire de dévaloriser le travail d'autrui pour justifier son propre choix. Il n'est pas nécessaire de chercher à avoir le dernier mot pour démontrer que l'on maîtrise son sujet. Et il n'est certainement pas nécessaire d'humilier quelqu'un pour lui faire comprendre que l'on ne souhaite pas travailler avec lui.
Le professionnalisme ne se mesure pas uniquement à la qualité du produit livré ou du service rendu. Il se manifeste également dans la manière dont nous traitons les personnes avec lesquelles nous travaillons.
Cela vaut pour les clients, les fournisseurs, les collaborateurs et les prestataires.
Finalement, la question n'est peut-être pas de savoir si le client est toujours roi.
Elle est plutôt de savoir quel type de relation commerciale nous souhaitons construire.
Une relation dans laquelle chacun cherche à imposer sa position ? Ou une relation dans laquelle chacun peut défendre ses intérêts sans nier la valeur de l'autre ?
Pour ma part, je préfère la seconde.
Parce qu'un devis peut être refusé, un prix contesté et une collaboration abandonnée.
Mais le respect, lui, ne devrait jamais être soumis à un devis.
Chez Impressions d'Art, nous défendons un savoir-faire autant qu'une certaine idée du métier
Chez Impressions d'Art, nous ne cherchons pas à être le prestataire de tout le monde. Nous cherchons à être le bon interlocuteur pour les projets qui correspondent à notre savoir-faire, à nos exigences et à notre approche de l'impression.
Depuis de nombreuses années, notre atelier accompagne artistes, photographes, galeries et institutions dans la réalisation de leurs tirages. Notre travail repose sur la maîtrise de l'impression pigmentaire, la connaissance des papiers d'art, l'exigence du rendu et l'attention portée à chaque projet.
Ce savoir-faire a une valeur. Il est le fruit d'années d'expérience, d'investissements, de recherches et d'une volonté constante de proposer des impressions à la hauteur des attentes de nos clients.
Cela ne signifie pas que nos choix sont les seuls possibles, ni que nos prestations conviennent à tous les budgets. D'autres solutions existent, d'autres professionnels proposent d'autres approches, et chacun est libre de choisir celle qui lui correspond.
Notre rôle est de conseiller, d'expliquer, de proposer et de réaliser un travail conforme à nos engagements. Celui du client est de définir ses besoins, de poser ses questions et de décider librement de la suite qu'il souhaite donner à notre proposition.
C'est sur cette base que nous souhaitons construire nos relations commerciales : avec de la transparence, de l'écoute, des exigences partagées et une considération réciproque.
Car au-delà du papier, des encres et des techniques d'impression, il y a toujours des femmes et des hommes qui mettent leurs compétences au service d'un projet.
Et c'est peut-être là l'essentiel : la qualité d'une prestation se mesure au résultat obtenu, mais la qualité d'une relation professionnelle se mesure aussi à la manière dont chacun considère le travail et la personne de l'autre.
Chez Impressions d'Art, nous continuerons à défendre notre métier, notre savoir-faire et notre conception de la qualité. Nous continuerons également à reconnaître qu'une collaboration réussie commence bien avant la première impression : elle commence par un échange dans lequel chacun est disposé à écouter et à respecter l'autre.
Parce qu'un devis peut être refusé, une prestation peut ne pas convenir et une collaboration peut ne jamais voir le jour.
Mais le respect, lui, ne devrait jamais être une option.